Capteur de courant LoRaWAN : bien choisir pour suivre vos départs électriques
Pince auto-alimentée, capteur sur pile ou centrale de mesure 12 circuits : les critères pour choisir un capteur de courant LoRaWAN et l'intégrer à votre supervision.

Suivre la consommation d'une centrale de traitement d'air, d'un groupe froid ou d'un tableau divisionnaire ne demande plus forcément un compteur filaire et un bus à tirer jusqu'à la GTB. Un capteur de courant LoRaWAN se pose autour du conducteur, sans coupure, et transmet la mesure par radio jusqu'à une passerelle. Encore faut-il choisir le bon modèle : calibre, alimentation, nombre de phases, précision et mode d'intégration varient fortement d'un produit à l'autre.
Ce guide passe en revue les familles de capteurs disponibles, les questions à se poser avant de commander et les pièges courants sur le terrain.
Sommaire
- Ce que mesure réellement un capteur de courant
- Les trois grandes familles de capteurs de courant LoRaWAN
- Tableau comparatif des modèles
- Les critères de choix, question par question
- Installer un capteur de courant sans couper le circuit
- Remonter les mesures dans la GTB ou la supervision
- Les erreurs fréquentes sur le terrain
- Questions fréquentes
- Besoin d'aide pour dimensionner votre projet ?
Ce que mesure réellement un capteur de courant
Un capteur de courant à pince utilise un transformateur de courant (TC) à noyau ouvrant : le conducteur traverse le tore et induit un courant secondaire proportionnel au courant primaire. L'électronique convertit ce signal en valeur efficace (RMS) et l'envoie en LoRaWAN.
Il faut garder en tête une distinction importante :
- un capteur de courant mesure des ampères. Il indique si un équipement tourne, s'il est en surcharge, et donne une image fiable de la charge d'un départ ;
- un compteur d'énergie mesure aussi la tension et le facteur de puissance, et calcule des kWh. C'est lui qu'il faut retenir pour un comptage énergétique au sens strict.
Un capteur de courant seul permet d'estimer une énergie en supposant une tension et un facteur de puissance constants. Cette estimation est utile pour repérer des dérives ou des fonctionnements hors horaires, mais elle ne remplace pas un comptage de puissance active lorsque vous devez justifier des consommations.
À retenir
- Capteur de courant : ampères, détection de marche, alarmes de surcharge.
- Compteur d'énergie : tension, courant, facteur de puissance, kWh.
- Pour un suivi réglementaire ou une refacturation, privilégiez un compteur certifié MID.
Les trois grandes familles de capteurs de courant LoRaWAN
Les pinces auto-alimentées
Les capteurs auto-alimentés puisent leur énergie dans le courant mesuré. Aucune pile à remplacer : c'est leur principal atout pour un parc important. Le Milesight CT10x mesure un courant RMS jusqu'à 100, 250 ou 500 A selon la version, avec une précision de ±1 % au-delà de 5 A, une pince ouvrante de 16 ou 36,5 mm et un secours 5 V par USB-C. Sa version triphasée, le Milesight CT303, CT305 ou CT310, réunit trois pinces sur un seul émetteur (300, 500 ou 1 000 A par phase) et fournit une sonde de température de câble.
Contrepartie logique : un capteur alimenté par le courant mesuré a besoin d'un courant minimal pour fonctionner. Consultez la fiche technique avant de l'installer sur un départ qui reste longtemps à l'arrêt, ou prévoyez l'alimentation de secours.
Les capteurs sur pile
Les capteurs sur pile émettent même lorsque le circuit est coupé, ce qui permet de distinguer un arrêt normal d'une perte de communication. Le Netvox R718N3 associe trois TC ouvrants de 75 à 3 000 A par phase, une précision inférieure à ±1 % et des seuils d'alarme haut et bas par phase ; il fonctionne sur deux piles ER14505 ou sur un adaptateur 3,3 V DC en classe C. Le Dragino CS01 surveille quatre voies avec des transformateurs ouvrants de 100 à 600 A et existe en LoRaWAN, NB-IoT, LTE-M ou LTE Cat 1, sur pile 8 500 ou 19 000 mAh, solaire ou batterie rechargeable.
Les centrales de mesure multicircuits
Quand un tableau compte de nombreux départs, multiplier les émetteurs devient vite coûteux à gérer. Une centrale comme la Milesight CTH01 regroupe 12 canaux de courant et 3 voies de tension : 12 circuits monophasés ou 4 triphasés, jusqu'à 4 000 A selon le capteur associé. Comme elle mesure aussi la tension, elle calcule l'énergie active (±1 %, IEC 62053-21) et des indicateurs de qualité comme le THD et le déséquilibre. Elle s'alimente en 12 V DC et fonctionne en classe C.
Tableau comparatif des modèles
| Modèle | Phases et voies | Calibre | Alimentation | Point fort |
|---|---|---|---|---|
| Milesight CT10x | 1 voie | 100, 250 ou 500 A | Courant mesuré, secours USB-C | Aucune pile à changer |
| Milesight CT303 / CT305 / CT310 | 3 phases | 300, 500 ou 1 000 A par phase | Phase A, secours USB-C | Sonde de température de câble |
| Netvox R718N3 | 3 phases | 75 à 3 000 A par phase | 2 piles ER14505 ou 3,3 V DC | Seuils d'alarme par phase |
| Dragino CS01 | 4 voies | 100 à 600 A | Pile, solaire ou batterie | Existe aussi en NB-IoT et LTE-M |
| Milesight CTH01 | 12 canaux, 3 tensions | Jusqu'à 4 000 A selon capteur | 12 V DC | Mesure d'énergie et THD |
Retrouvez l'ensemble des références dans la catégorie capteurs de courant et TC.
Les critères de choix, question par question
Quel est le courant maximal du départ ?
Choisissez un calibre adapté au courant réellement attendu. Un calibre très supérieur au courant nominal dégrade la précision relative sur les faibles charges ; un calibre trop juste sature la mesure lors des appels de courant au démarrage d'un moteur. Relevez le calibre de la protection du départ et, si possible, une mesure à la pince pendant une phase de fonctionnement normal.
Quel diamètre de câble ou de barre ?
Le diamètre de passage du tore est souvent le critère oublié. Une pince de 16 mm convient aux câbles de petite section ; les départs de puissance demandent 36 mm ou plus, voire une bobine de Rogowski. Pour la CTH01, Milesight propose des tores ouvrants de 100 à 1 000 A et une bobine de Rogowski de 4 000 A avec un passage de 150 mm.
Monophasé ou triphasé ?
Sur un réseau triphasé équilibré, une seule pince donne une estimation, mais un déséquilibre passe alors inaperçu. Pour une centrale de traitement d'air, un groupe froid ou un départ de tableau, la mesure des trois phases est préférable.
Faut-il des kWh ou seulement des ampères ?
Si l'objectif est la détection de marche, l'alerte de surcharge ou le suivi d'heures de fonctionnement, un capteur de courant suffit. Pour des kWh exploitables, orientez-vous vers une centrale qui mesure la tension ou vers un compteur. Le Eastron SDM630 LoRaWAN, par exemple, est certifié MID, fonctionne sur TC 1 A ou 5 A et communique en LoRaWAN classe C. La catégorie compteurs d'énergie électrique regroupe les modèles LoRaWAN, Modbus et M-Bus.
Quelle fréquence de remontée ?
En LoRaWAN, chaque message consomme du temps d'antenne et, pour les modèles sur pile, de l'énergie. Une remontée toutes les 10 à 15 minutes suffit pour un suivi de consommation. Pour une alarme de surcharge, préférez un capteur qui envoie sur dépassement de seuil plutôt que de raccourcir la période pour tout le parc.
Bon à savoir
Les capteurs de classe C restent à l'écoute en permanence et reçoivent les commandes descendantes sans délai, mais ils consomment davantage : ils sont alimentés en continu. Les capteurs de classe A n'écoutent qu'après chaque émission et conviennent aux modèles sur pile.
Installer un capteur de courant sans couper le circuit
Le principal avantage d'un TC ouvrant est la pose sans coupure. Quelques règles restent indispensables :
- faites intervenir une personne habilitée : l'ouverture d'un tableau électrique sous tension relève des règles d'habilitation électrique ;
- entourez un seul conducteur de phase par pince : passer la phase et le neutre dans le même tore annule la mesure ;
- respectez le sens indiqué sur le tore si le capteur mesure aussi la puissance ;
- vérifiez la couverture radio au fond du tableau : une armoire métallique atténue fortement le signal, d'où l'intérêt des modèles à antenne externe comme le CT10x ;
- nommez chaque capteur selon le repère du départ dans le schéma électrique, pour que la donnée reste exploitable dans la supervision.
Remonter les mesures dans la GTB ou la supervision
Un capteur LoRaWAN envoie une trame compacte, le payload, que le serveur de réseau transmet à votre application. Pour obtenir des ampères lisibles, il faut un décodeur. Les constructeurs publient leurs décodeurs, et vous pouvez vérifier une trame avant la mise en service avec notre testeur de décodeur LoRaWAN.
Trois architectures reviennent le plus souvent :
- passerelle avec serveur de réseau embarqué et sortie GTB : les passerelles Milesight UG56 et UG65 publient les données en BACnet/IP, Modbus TCP, MQTT ou HTTP, ce qui évite un serveur intermédiaire ;
- passerelle vers Modbus : le Dragino MS48-LR expose les capteurs sans fil comme un esclave Modbus RTU ou Modbus TCP, lisible par un automate ou une GTB existante ;
- serveur de réseau externe (ChirpStack, The Things Network, LORIOT, Actility) puis intégration en MQTT ou par API dans votre plateforme.
Le choix de la passerelle est détaillé dans la catégorie passerelles LoRaWAN. Pour un projet complet de sous-comptage, consultez aussi notre page sous-comptage énergétique.
Les erreurs fréquentes sur le terrain
- Confondre courant et énergie : un tableau de bord en kWh calculé à partir d'ampères seuls repose sur une hypothèse de tension et de facteur de puissance. Indiquez-le clairement aux utilisateurs.
- Sous-estimer l'atténuation radio des tableaux métalliques et des locaux en sous-sol.
- Oublier le nommage : dix capteurs « CT-01 » à « CT-10 » sans correspondance avec le schéma électrique perdent vite leur intérêt.
- Négliger le décodeur : un décodeur mal configuré peut inverser des voies ou appliquer un mauvais facteur d'échelle. Testez-le sur des trames réelles avant de livrer.
Questions fréquentes
Un capteur de courant LoRaWAN peut-il remplacer un compteur d'énergie ?
Pas pour un comptage au sens strict. Il mesure des ampères ; l'énergie n'en est qu'une estimation si la tension et le facteur de puissance ne sont pas mesurés. Pour des kWh fiables, choisissez une centrale qui mesure la tension, comme la Milesight CTH01, ou un compteur certifié MID.
Faut-il couper l'alimentation pour poser une pince ampèremétrique ?
Non, les transformateurs à noyau ouvrant se posent autour du conducteur sans coupure. L'intervention dans un tableau sous tension doit toutefois être réalisée par une personne habilitée.
Quelle est la différence entre un capteur auto-alimenté et un capteur sur pile ?
Le modèle auto-alimenté tire son énergie du courant mesuré et ne demande pas de remplacement de pile, mais il a besoin d'un courant minimal pour fonctionner. Le modèle sur pile émet même circuit coupé, ce qui facilite la détection des arrêts.
Comment intégrer les mesures dans une GTB BACnet ou Modbus ?
Utilisez une passerelle LoRaWAN capable de republier les données, comme les Milesight UG56 et UG65 (BACnet/IP, Modbus TCP) ou le Dragino MS48-LR (esclave Modbus RTU ou TCP), ou passez par un serveur de réseau et une intégration MQTT.
Besoin d'aide pour dimensionner votre projet ?
Envoyez-nous la liste de vos départs (calibre, section de câble, nombre de phases) et l'outil de supervision visé : nous vous proposons les capteurs et la passerelle adaptés, avec une réponse sous 24 h ouvrées. Parcourez aussi notre sélection de capteurs de courant et TC ou contactez-nous.






















































