Passerelle LoRaWAN Milesight UG65 en boîtier IP65 blanc et noir, vue de face

La passerelle est la pièce maîtresse d'un réseau LoRaWAN privé : elle reçoit les trames de tous les capteurs à portée et les relaie vers un serveur de réseau. Bien choisie, elle se fait oublier pendant des années. Mal choisie, elle oblige à multiplier les points de réception, à tirer un câble supplémentaire ou à ajouter un serveur que personne n'avait prévu.

Voici les critères à passer en revue avant de commander une passerelle LoRaWAN pour un bâtiment tertiaire, un site industriel ou un parc immobilier.

Le rôle exact d'une passerelle LoRaWAN

Dans l'architecture LoRaWAN, on distingue quatre briques :

  1. les capteurs (end devices), qui émettent en radio LoRa ;
  2. les passerelles, qui reçoivent ces trames et les transmettent sur IP ;
  3. le serveur de réseau (LNS, LoRaWAN Network Server), qui déduplique les trames, gère les clés de session et l'adaptation du débit ;
  4. le serveur d'application, qui décode les données et les met à disposition de la GTB, de la supervision ou du cloud.

Une passerelle « simple » fait seulement le lien radio vers IP grâce à un packet forwarder (Semtech UDP ou LoRaWAN Basic Station). De nombreuses passerelles récentes embarquent en plus un serveur de réseau, voire des fonctions d'application : décodage, MQTT, Modbus ou BACnet. C'est ce point qui différencie le plus les produits.

À retenir

  • Passerelle avec packet forwarder : il vous faut un serveur de réseau externe (ChirpStack, The Things Network, LORIOT, Actility...).
  • Passerelle avec serveur de réseau embarqué : le réseau fonctionne en autonomie sur site, sans dépendance au cloud.
  • Passerelle avec sorties GTB : les données arrivent directement en BACnet, Modbus ou MQTT.

Critère 1 : intérieur ou extérieur

Passerelles intérieures

Elles se posent au plafond, au mur, sur un bureau ou sur rail DIN dans une baie. Exemples : la Milesight UG63, mini passerelle 8 canaux alimentée en USB-C, en 5 à 12 V DC ou en PoE 802.3af ; la Milesight UG56, boîtier métal IP30 avec serveur de réseau embarqué ; la Dragino LPS8N, alimentée en USB Type-C.

Passerelles extérieures

Installées en toiture ou sur un mât, elles couvrent plusieurs bâtiments ou un site étendu. La Milesight UG67 est en boîtier aluminium IP67 (-40 à +70 °C), avec GNSS et 4G en option ; la Dragino DLOS8N est IP65 avec GPS intégré et protection contre la foudre ; la Robustel R3000 LG-OG est IP67 avec double SIM et ports Ethernet M12. Pour un site sans alimentation, la Milesight SG50 fonctionne sur panneau solaire et batterie.

Une passerelle extérieure en hauteur couvre davantage, mais l'installation coûte plus cher (mât, parafoudre, câble). Dans un immeuble de bureaux, une ou plusieurs passerelles intérieures bien placées suffisent souvent : seule une étude de couverture le dira.

Critère 2 : la liaison de remontée (backhaul)

LiaisonAvantagePoint de vigilance
EthernetStable, sans abonnementDépend du réseau du client et de sa politique de sécurité
Ethernet + PoEUn seul câble pour données et alimentationVérifier la norme PoE (802.3af ou 802.3at) du switch
Wi-FiPas de câble réseauMoins robuste, à réserver aux installations provisoires
4G LTEIndépendant du réseau du clientAbonnement data, couverture mobile à vérifier

Pour les sites distants ou lorsque le service informatique refuse l'accès au réseau local, la 4G est souvent la meilleure option. Plusieurs modèles la proposent en option (UG56, UG65, UG67, LPS8N) ou de série, comme la Robustel R1520LG avec double SIM. Le choix de l'antenne et de l'emplacement compte autant que la passerelle : voir notre catégorie antennes 4G, 5G et LoRaWAN.

Critère 3 : où tourne le serveur de réseau ?

C'est la décision d'architecture la plus structurante.

  • Serveur embarqué dans la passerelle : idéal pour un bâtiment unique avec une ou deux passerelles. Les Milesight UG56, UG65 et UG67 annoncent un serveur réseau embarqué ; les Dragino LPS8v2 et MS48-LR intègrent ChirpStack et Node-RED ; les Robustel LG5100 et R1520LG intègrent ChirpStack.
  • Serveur centralisé : indispensable dès que plusieurs passerelles couvrent la même zone ou que vous gérez un parc multisite. Les passerelles fonctionnent alors en packet forwarder vers ChirpStack, The Things Network, LORIOT ou Actility.

Attention au cas de la Milesight UG63 : son serveur embarqué est limité à 20 capteurs selon sa fiche, au-delà il faut passer par un serveur externe.

Critère 4 : l'intégration dans la GTB

Si la finalité est une GTB, choisissez une passerelle qui republie directement les mesures :

  • Milesight UG56, UG65 et UG67 : BACnet/IP, BACnet/SC, Modbus TCP, MQTT et HTTP ;
  • Dragino MS48-LR : expose les capteurs comme un esclave Modbus RTU ou Modbus TCP ;
  • Milesight EG71 : passerelle edge qui ajoute KNX, M-Bus et RS-485, avec remontée en BACnet/IP, Modbus TCP, MQTT et HTTP ;
  • Robustel LG3120e : passerelle Modbus, OPC UA et BACnet via sa suite logicielle.

Cette approche évite un serveur intermédiaire, mais concentre la configuration dans la passerelle : documentez soigneusement le mapping des points.

Critère 5 : capacité et performances radio

Les passerelles 8 canaux basées sur le concentrateur Semtech SX1302 sont aujourd'hui la norme. Les fiches Milesight annoncent environ 2 000 capteurs par passerelle (pour une remontée toutes les 10 minutes) et une sensibilité de -140 dBm ; la Dragino LG308N annonce jusqu'à -142,5 dBm. Ces chiffres sont des maximums constructeur : la capacité réelle dépend du nombre de messages par capteur, de leur taille et du facteur d'étalement utilisé.

À l'inverse, une passerelle monocanal comme la Dragino LG01v2 n'est pas compatible avec un serveur LoRaWAN : elle sert aux liaisons LoRa point à point.

Comparatif de passerelles courantes

ModèleUsageServeur réseau intégréSorties GTB
Milesight UG63Intérieur, petit siteOui, 20 capteursMQTT, HTTP et HTTPS
Milesight UG56Intérieur, baie ou murOuiBACnet, Modbus TCP, MQTT
Milesight UG65Intérieur ou abri, IP65OuiBACnet, Modbus TCP, MQTT
Milesight UG67Extérieur IP67OuiBACnet, Modbus TCP, MQTT
Dragino MS48-LRIntérieurOui, ChirpStackEsclave Modbus RTU ou TCP
Robustel LG5100Armoire industrielleOui, ChirpStackRS-232/RS-485, E/S

Toutes ces références sont dans la catégorie passerelles LoRaWAN. Les gammes sont détaillées sur les pages passerelles LoRaWAN Milesight et passerelles LoRaWAN Dragino.

Où placer la passerelle ?

  • Au centre de gravité des capteurs, et plutôt en hauteur.
  • Loin des masses métalliques, des gaines techniques et des tableaux électriques.
  • Avec une antenne déportée si la passerelle est dans une baie fermée.
  • En vérifiant la couverture avant le déploiement : un testeur de réseau permet de mesurer le niveau de signal réel aux emplacements des capteurs. Notre article sur l'étude de couverture LoRaWAN détaille la méthode.

Sécurité, administration et maintenance

Une passerelle LoRaWAN est un équipement réseau à part entière : elle doit être intégrée dans la politique de sécurité du site au même titre qu'un routeur.

  • Changez les mots de passe par défaut et désactivez les services inutiles dès la mise en service.
  • Privilégiez un accès distant chiffré : plusieurs modèles intègrent un client VPN, par exemple WireGuard et IPsec sur la Milesight UG67 ou OpenVPN sur la Milesight UG63.
  • Planifiez les mises à jour du micrologiciel : elles corrigent des failles et apportent de nouvelles fonctions, comme les codecs de nouveaux capteurs.
  • Sauvegardez la configuration, notamment la liste des capteurs et leurs clés si le serveur de réseau est embarqué : en cas de remplacement de la passerelle, c'est ce qui permet de repartir en quelques minutes.
  • Surveillez la passerelle elle-même : une passerelle hors ligne rend muets tous les capteurs qu'elle dessert. Une alerte sur l'absence de trafic doit faire partie de la supervision.

Les erreurs fréquentes

  1. Installer la passerelle dans une baie métallique fermée sans antenne déportée.
  2. Multiplier les passerelles avec chacune son propre serveur embarqué sur une même zone : les capteurs ne peuvent être enregistrés que sur un seul réseau.
  3. Choisir une passerelle sans 4G pour un site où le service informatique n'autorise pas de connexion au réseau local.
  4. Oublier l'alimentation : un injecteur PoE 802.3af ne suffit pas à une passerelle qui demande du 802.3at.

Questions fréquentes

Combien de capteurs une passerelle LoRaWAN peut-elle gérer ?

Les fiches des passerelles 8 canaux Milesight annoncent environ 2 000 capteurs. Ce chiffre dépend fortement de la fréquence et de la taille des messages : un parc qui émet souvent consomme plus de capacité.

Faut-il un serveur LoRaWAN en plus de la passerelle ?

Oui, il faut toujours un serveur de réseau, mais il peut être embarqué dans la passerelle. C'est le cas sur les Milesight UG56 et UG65 ou les Dragino LPS8v2 et MS48-LR. Pour plusieurs passerelles, un serveur centralisé est préférable.

Une passerelle LoRaWAN peut-elle alimenter directement une GTB ?

Oui, certaines passerelles republient les mesures en BACnet/IP, Modbus TCP ou MQTT, comme les Milesight UG56, UG65 et UG67, ou exposent les capteurs en esclave Modbus, comme le Dragino MS48-LR.

Passerelle intérieure ou extérieure : laquelle choisir ?

Pour un bâtiment, une passerelle intérieure bien placée suffit souvent. Une passerelle extérieure en hauteur se justifie pour couvrir plusieurs bâtiments, un parking ou un site étendu.

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