Capteur qualité d'air LoRaWAN Milesight AM308 avec écran e-Ink 4,2 pouces, vue de face

Un smart building n'est pas un bâtiment rempli de gadgets connectés : c'est un bâtiment dont l'exploitant dispose des bonnes mesures, au bon endroit, pour décider et agir. Les capteurs en sont la base. Mais entre les capteurs de température, de CO2, de présence, de courant, de fuite ou de niveau, et les technologies LoRaWAN, NB-IoT, Bluetooth ou filaires, il est facile de se perdre.

Ce guide s'adresse aux exploitants, aux gestionnaires de patrimoine, aux bureaux d'études et aux intégrateurs qui doivent cadrer un premier projet ou structurer un déploiement sur plusieurs bâtiments. Il part des usages pour choisir les capteurs utiles, puis la connectivité et l'architecture d'intégration, avec des exemples de références du catalogue pour chaque famille.

Partir des usages, pas des capteurs

Avant de choisir un capteur, posez trois questions :

  1. Quelle décision la mesure doit-elle permettre ? Régler une ventilation, réduire une consommation, déclencher une intervention, réorganiser des espaces.
  2. Qui exploitera la donnée ? Exploitant technique, service informatique, gestionnaire immobilier, occupants.
  3. Dans quel système ? GTB existante, outil de supervision, plateforme IoT, simple tableau de bord.

Un capteur dont personne ne regarde les données est une dépense inutile, et une pile à changer de plus. À l'inverse, une mesure bien choisie peut changer la façon d'exploiter un bâtiment : une simple courbe de consommation nocturne révèle souvent des équipements qui tournent sans raison, et quelques capteurs de CO2 suffisent à objectiver des plaintes récurrentes sur l'air d'une salle de réunion.

Les grandes familles de capteurs par usage

UsageCapteursDécisions typiques
Confort thermiqueTempérature, humiditéRéglage du chauffage et de la climatisation, détection des locaux en inconfort
Qualité de l'airCO2, COV, particulesAération, ventilation à la demande, suivi réglementaire dans les établissements accueillant des enfants
OccupationPrésence, comptage de personnes, occupation de postesVentilation et éclairage selon l'occupation, réorganisation des espaces, nettoyage à l'usage
ÉnergieCapteurs de courant, compteurs, compteurs d'impulsionsSous-comptage par usage, détection des consommations hors horaires
EauCompteurs, détecteurs de fuiteAlerte fuite, suivi des consommations nocturnes
Sécurité techniqueOuverture de porte, inclinaison, vibration, niveauAlerte intrusion dans un local, suivi de cuves, surveillance d'équipements
Locaux techniquesTempérature de baie, tension, fuméeSupervision de salle serveur, alertes d'astreinte

Confort et qualité de l'air

Le trio température, humidité et CO2 est le point de départ de la plupart des projets. Le Milesight AM103 mesure le CO2 par cellule NDIR de 400 à 5 000 ppm, la température et l'humidité, avec un voyant tricolore de seuils. Le Milesight AM308 ajoute les particules, les COV, la pression, la luminosité et la présence. Pour les zones où seule la température compte, un capteur étanche comme le Milesight EM300-TH, en boîtier IP67 et certifié EN 12830, convient aussi aux chambres froides. Retrouvez ces familles dans les catégories capteurs qualité de l'air et CO2, capteurs de température et d'humidité et sur notre page surveillance de la qualité de l'air intérieur. Notre article sur la qualité de l'air dans les écoles détaille un cas concret.

Occupation

Selon la question posée, on utilise un détecteur de présence (la salle est-elle occupée ?), un compteur de personnes (combien de personnes sont entrées ?) ou un capteur d'occupation par zone (combien de personnes sont présentes, et où ?). Le Milesight WS202 détecte la présence par infrarouge passif ; le Milesight VS133 compte les passages par temps de vol, sans image collectée ; le Milesight VS121 mesure l'occupation de zones. Voir les catégories capteurs de présence et d'occupation et compteurs de personnes, ainsi que la solution occupation des espaces.

Énergie

Le sous-comptage par usage est la base de toute démarche de réduction des consommations. Le Milesight CT10x se pose par pince ouvrante sans coupure et s'alimente sur le courant mesuré ; le Watteco Flash'O lit le voyant d'impulsions d'un compteur électronique déjà en place. Voir les catégories capteurs de courant et TC, compteurs d'énergie électrique et compteurs d'impulsions, notre page sous-comptage énergétique et l'article décret tertiaire et sous-comptage multicircuit.

Chauffage

Les têtes thermostatiques connectées et les thermostats permettent d'agir, et pas seulement de mesurer. La Milesight WT101 se monte sur un radiateur à eau en raccord M30 x 1,5 mm, avec des plans de chauffe et la détection de fenêtre ouverte. Voir la catégorie têtes thermostatiques connectées et la page pilotage intelligent du chauffage.

Eau et sécurité technique

Les détecteurs de fuite à câble ou ponctuels, les contacts d'ouverture de porte et les capteurs de niveau surveillent les risques techniques : dégât des eaux, intrusion dans un local, débordement d'une cuve. Le Milesight EM300-ZLD surveille 3 m de câble de détection et alerte dès 5 mm de liquide conducteur. Voir les catégories détecteurs de fuite d'eau, compteurs d'eau communicants, détecteurs d'ouverture et capteurs de niveau et de distance, ainsi que la solution détection de fuite d'eau.

À retenir

  • Commencez par un usage prioritaire avec un gain clair, puis étendez.
  • Le trio température, humidité, CO2 et le sous-comptage énergétique sont les points de départ les plus fréquents.
  • Un même capteur peut servir plusieurs usages : un capteur d'ambiance avec présence alimente à la fois le confort et l'occupation.

Toutes les familles du catalogue en un coup d'œil

FamilleExemples de mesuresCatégorie
TempératureAmbiance, sonde de contact, PT100Capteurs de température
LuminositéLux, état jour ou nuitCapteurs de luminosité
Pression et débit d'airPression de canalisation, pression différentielle de filtreCapteurs de pression
Vibration et inclinaisonBasculement, angle, chocs, activité de machineVibration et inclinaison
ExtérieurMétéo, sol, luminosité extérieureMétéo, sol et extérieur
Fumée, gaz, vapotageDétection de fumée, gaz, vapotageFumée, gaz et vape
AlerteBouton d'appel, sirèneBoutons d'alerte
Locaux techniquesSondes filaires, contacts, fuiteSupervision technique
Signaux existants4-20 mA, 0-10 V, contacts secs, impulsionsModules E/S LoRaWAN

L'ensemble des références est regroupé dans la catégorie capteurs et dans l'univers détection et alarmes.

Exemples de configurations par type de bâtiment

Immeuble de bureaux

Capteurs d'ambiance CO2, température et humidité dans les salles de réunion et sur les plateaux ; capteurs d'occupation par zone pour mesurer le taux d'utilisation des espaces ; sous-comptage des départs éclairage, climatisation et prises dans les tableaux d'étage ; détecteurs de fuite sous les équipements sanitaires et dans le local de climatisation. Les données alimentent la GTB pour la ventilation et l'éclairage, et un tableau de bord pour le gestionnaire immobilier.

École ou groupe scolaire

Un capteur CO2 avec voyant par salle de classe, utile aux enseignants pour aérer au bon moment et à la collectivité pour suivre l'aération ; des têtes thermostatiques connectées ou des sondes de température pour piloter le chauffage selon l'occupation et les vacances scolaires ; un sous-comptage par bâtiment pour suivre les consommations.

Entrepôt ou site logistique

Température et humidité dans les zones de stockage sensibles, avec sondes déportées pour les chambres froides (voir notre article sur la surveillance de la température en chambre froide) ; comptage énergétique des groupes froids et des bornes de recharge ; détection d'ouverture des portes de quai ; suivi de niveau des cuves.

Locaux techniques et sites distants

Boîtier de supervision IP ou 4G avec sondes de température, détection de fuite, contact de porte et présence de tension ; routeur industriel pour l'accès distant sécurisé ; capteurs de niveau pour les cuves et bâches. L'objectif est de réduire les déplacements et d'intervenir avant la panne. Notre article comment surveiller un local technique distant et les solutions supervision de salle serveur et télégestion de sites distants détaillent ces architectures.

Dans tous les cas, le même principe s'applique : quelques mesures bien choisies et réellement exploitées valent mieux qu'une instrumentation exhaustive que personne ne regarde.

Choisir la connectivité

TechnologieAtoutUsage typique
LoRaWANLongue portée, plusieurs années sur pile, réseau privéBâtiment existant, nombreux capteurs, sans câblage
NB-IoT, LTE-MPas de passerelle, réseau de l'opérateurQuelques points dispersés sur plusieurs sites
BluetoothSimplicité, lecture par smartphoneRelevés locaux, petits sites
Filaire (Modbus, 1-Wire, BACnet)Pas de pile, intégration directeNeuf, rénovation lourde, locaux techniques

Dans un bâtiment existant, le LoRaWAN est souvent le meilleur compromis : une passerelle bien placée couvre généralement plusieurs niveaux, et les capteurs se posent en quelques minutes. La portée réelle dépend toutefois des murs, des dalles et des sous-sols : une étude de couverture LoRaWAN évite les mauvaises surprises. Notre comparatif LoRaWAN, NB-IoT et LTE-M détaille les différences. Voir la catégorie passerelles LoRaWAN et la page réseaux industriels pour l'infrastructure filaire.

Intégrer les données

Trois architectures reviennent le plus souvent :

  1. Vers la GTB : une passerelle LoRaWAN qui republie en BACnet/IP ou Modbus TCP met les capteurs à disposition du superviseur, sans couche logicielle supplémentaire. Les passerelles de protocoles GTB font de même pour les compteurs M-Bus, l'éclairage DALI ou les installations KNX. Voir la page GTB et décret BACS.
  2. Vers un outil de supervision informatique : les boîtiers de supervision IP exposent leurs sondes en SNMP pour Zabbix, Centreon ou PRTG.
  3. Vers une plateforme IoT ou un hyperviseur : les données décodées sont publiées en MQTT ou par API, pour des tableaux de bord et des analyses multisites. Voir les logiciels et plateformes cloud et les passerelles edge computing.

Notre page Solutions présente les architectures types par usage : intégration GTB, supervision de salle serveur, détection de fuite, occupation des espaces, télégestion.

Par où commencer ?

  1. Choisissez un bâtiment pilote représentatif et un ou deux usages prioritaires.
  2. Faites un inventaire de l'existant : GTB, réseau, compteurs, contraintes d'accès.
  3. Vérifiez la couverture radio si vous partez sur du LoRaWAN.
  4. Déployez un nombre limité de capteurs, puis vérifiez la qualité et l'utilité des données pendant quelques semaines.
  5. Mesurez les résultats : consommations, confort, interventions évitées.
  6. Étendez au reste du parc en capitalisant sur la configuration validée.

Si vous avez besoin d'aide pour cette phase de cadrage, notre page Services décrit la pré-étude technique, la préconfiguration des produits et l'aide à la mise en service.

Les erreurs fréquentes

  • Multiplier les marques et les plateformes sans vérifier l'interopérabilité : chaque capteur doit avoir un décodeur et une intégration dans votre système.
  • Négliger la maintenance : un parc de capteurs sur pile se gère, avec des alertes de niveau de batterie et de silence radio.
  • Oublier les occupants : expliquer ce qui est mesuré, et pourquoi, évite les inquiétudes, en particulier pour les capteurs d'occupation.
  • Collecter sans exploiter : chaque mesure doit avoir un destinataire et une action associée.

Questions fréquentes

Quels sont les capteurs indispensables d'un smart building ?

Il n'y a pas de liste universelle. Les points de départ les plus fréquents sont la température, l'humidité et le CO2 pour le confort et la qualité de l'air, et le sous-comptage énergétique pour suivre les consommations. L'occupation, les fuites et les locaux techniques viennent ensuite selon les enjeux.

Faut-il une GTB pour exploiter des capteurs connectés ?

Non. Les données peuvent alimenter une plateforme IoT ou un tableau de bord. Une GTB permet en revanche d'agir automatiquement sur le chauffage, la ventilation ou l'éclairage à partir des mesures.

LoRaWAN ou filaire pour équiper un bâtiment existant ?

Dans un bâtiment existant, le LoRaWAN évite le câblage et se déploie rapidement. Le filaire reste pertinent dans les locaux techniques, en neuf ou en rénovation lourde.

Combien de capteurs prévoir ?

Cela dépend de l'usage : un capteur de CO2 par salle occupée, un capteur de température par zone de régulation, un sous-compteur par départ significatif. Un bâtiment pilote permet d'affiner avant de généraliser.

Peut-on mélanger plusieurs marques de capteurs ?

Oui, à condition qu'ils utilisent le même réseau, LoRaWAN par exemple, et que leurs décodeurs soient disponibles dans la passerelle ou la plateforme. C'est un point à vérifier référence par référence avant la commande.

Un projet à cadrer ?

Décrivez-nous votre bâtiment, vos usages prioritaires et votre système existant : nous vous proposons une première liste de capteurs et l'architecture d'intégration adaptée sous 24 h ouvrées, ou contactez-nous.

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