Détecteur de vapotage et détecteur de fumée LoRaWAN : ce qu'il faut savoir pour un ERP
Toilettes de lycée, chambres d'hôtel, vestiaires, locaux techniques : comment détecter le vapotage et la fumée avec des capteurs connectés, ce que dit la réglementation et ce qu'un capteur LoRaWAN ne remplace pas.

Le vapotage dans les toilettes d'un lycée, la cigarette dans une chambre d'hôtel non-fumeurs, la fumée dans un local technique : ces situations ont en commun d'être difficiles à constater sur le moment. Les détecteurs de vapotage et de fumée connectés analysent l'air en continu et transmettent une alerte au personnel, sans surveillance humaine permanente.
Il faut cependant bien distinguer deux sujets que l'on confond souvent : la détection d'un usage interdit, le vapotage ou le tabac, et la détection incendie réglementaire. Ce guide fait le point sur les deux, puis sur le choix et la pose des capteurs.
Sommaire
- Ce que dit la réglementation sur le vapotage et le tabac
- Détecteur de vapotage et détection incendie : ne pas confondre
- Comment fonctionne un détecteur de vapotage
- Les autres détecteurs utiles en ERP et en tertiaire
- Où installer un détecteur de vapotage ?
- Intégrer les alertes
- Exemple de déploiement dans un lycée
- Informer les occupants
- Les critères de choix
- Questions fréquentes
- Votre projet
Ce que dit la réglementation sur le vapotage et le tabac
Le vapotage
Depuis le décret d'avril 2017 pris en application de l'article L3513-6 du code de la santé publique, entré en vigueur le 1er octobre 2017, il est interdit de vapoter dans :
- les établissements scolaires et les établissements destinés à l'accueil, à la formation et à l'hébergement des mineurs ;
- les moyens de transport collectif fermés ;
- les lieux de travail fermés et couverts à usage collectif, à l'exception des locaux qui accueillent du public.
Le responsable des lieux doit mettre en place une signalisation de l'interdiction. En dehors de ces cas, c'est le règlement intérieur de l'établissement qui fixe les règles, par exemple dans un hôtel ou une résidence.
Le tabac
L'interdiction de fumer dans les lieux affectés à un usage collectif, dont les établissements recevant du public, découle quant à elle du décret n° 2006-1386 du 15 novembre 2006. Elle est plus large que celle du vapotage.
Ce que cela implique pour un capteur
Aucun texte n'impose d'installer un détecteur de vapotage. Le capteur est un outil d'exploitation : il aide à faire respecter une interdiction ou un règlement intérieur, à objectiver une plainte, ou à cibler les actions de prévention dans un établissement scolaire.
Détecteur de vapotage et détection incendie : ne pas confondre
Dans un établissement recevant du public, la détection incendie relève du règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique. Lorsqu'elle est exigée, elle fait partie d'un système de sécurité incendie dont les détecteurs répondent aux normes de la série NF EN 54. Dans les logements, le détecteur avertisseur autonome de fumée obligatoire doit répondre à la norme NF EN 14604.
Un capteur LoRaWAN de vapotage ou de qualité de l'air ne se substitue à aucun de ces dispositifs. Le Milesight GS601, par exemple, est présenté par son constructeur comme un capteur de vapotage et d'environnement : ses certifications annoncées sont des marquages CE et FCC, pas une certification de détecteur incendie. Il complète la sécurité incendie, il ne la remplace pas.
À retenir
- Le vapotage est interdit dans les établissements scolaires et d'accueil de mineurs, les transports collectifs fermés et les lieux de travail fermés à usage collectif.
- Aucun texte n'impose de détecteur de vapotage : c'est un outil d'exploitation.
- La détection incendie réglementaire relève d'un système dédié, avec des détecteurs certifiés : un capteur connecté ne la remplace pas.
Comment fonctionne un détecteur de vapotage
La vapeur d'une cigarette électronique et la fumée de tabac sont des aérosols : de très fines gouttelettes ou particules en suspension. Le Milesight GS601 les détecte par diffusion laser, comme un compteur de particules, et calcule un indice de vapotage de 0 à 100. Il mesure aussi les particules PM1,0, PM2,5 et PM10 de 0 à 1 000 µg/m³, les composés organiques volatils (TVOC), la température et l'humidité.
Les points qui comptent en exploitation :
- La résistance aux fausses alarmes : le constructeur indique une résistance aux perturbations de la vapeur d'eau et d'autres gaz, ce qui compte dans des toilettes ou des vestiaires avec douches.
- L'alerte locale : un buzzer de 70 dB à 1 m et un voyant, avec temporisation réglable.
- L'anti-vandalisme : un capteur de vibration intégré signale une tentative d'arrachement.
- La remontée immédiate : le GS601 fonctionne en LoRaWAN Classe C, ce qui permet une transmission sans délai et la mise à jour à distance.
- L'alimentation : par USB-C 5 V ou en PoE avec un séparateur en option. Il ne fonctionne pas sur pile, ce qui impose une alimentation au plafond.
Le capteur analyse l'air ; il ne capte pas d'image, ce qui permet de l'installer dans des toilettes ou des vestiaires sans atteinte à l'intimité.
Les autres détecteurs utiles en ERP et en tertiaire
| Besoin | Modèle | Technologie | Raccordement |
|---|---|---|---|
| Vapotage et fumée de tabac | Milesight GS601 | Diffusion laser, TVOC | LoRaWAN Classe C, USB-C ou PoE |
| Odeurs de sanitaires | Milesight GS301 | Cellules électrochimiques NH3 et H2S | LoRaWAN, 4 piles, environ 3 ans |
| Fumée en local technique | HWgroup FDR26 | Chambre optique | Contact sec, 12 V DC |
| Fumée en salle serveur | AKCP SK | Photoélectrique, conforme UL 217 | Contact sec et port AKCP |
| Gaz inflammables | HWgroup GS-133 | Deux seuils d'alarme, conforme EN 60079-29-1 | Relais, 12 V DC |
Le GS-133 est prévu pour les locaux non explosifs, comme une chaufferie gaz ou une cuisine collective : il n'est pas destiné à une zone ATEX. Les détecteurs de fumée FDR26 et SK servent à alerter l'exploitant à distance d'un départ de feu dans un local sans présence humaine, en complément de la détection incendie du bâtiment. Toutes ces références sont dans la catégorie détecteurs de fumée, gaz et vape.
Où installer un détecteur de vapotage ?
Établissements scolaires
Les toilettes, les vestiaires et certains couloirs sont les lieux les plus concernés. Un capteur par bloc sanitaire, posé au plafond loin des sèche-mains et des bouches de ventilation, donne généralement une bonne détection. L'alerte peut être envoyée à la vie scolaire par e-mail, SMS ou dans l'outil de supervision.
Hôtels et résidences
Dans les chambres non-fumeurs, le capteur fournit un historique horodaté qui objective un usage contraire au règlement. Il aide aussi à planifier une remise en état avant l'arrivée du client suivant.
Bureaux, transports et lieux de travail
Locaux de pause, escaliers, cabines de transport fermées : le capteur rappelle l'interdiction et aide à cibler la prévention.
Les règles de pose
- Au plafond, au centre de la zone à surveiller, à l'écart des sources de vapeur d'eau (douches, sèche-mains) et des bouches de soufflage ou d'extraction.
- Avec une alimentation disponible : prise USB, adaptateur ou alimentation PoE.
- Dans une zone couverte par la passerelle LoRaWAN : un test de réception avant la pose définitive évite les surprises.
Intégrer les alertes
Le GS601 transmet ses mesures et ses alarmes à une passerelle LoRaWAN, qui les republie vers la supervision, la GTB ou une plateforme d'alerte. Trois règles rendent le dispositif efficace :
- Définir le destinataire de chaque alerte et le délai d'intervention attendu.
- Régler le seuil et la temporisation après quelques jours d'observation, pour limiter les alarmes inutiles.
- Exploiter l'historique : la fréquence des événements par lieu et par créneau horaire oriente les actions de prévention plus sûrement qu'une alerte isolée.
Les mesures de particules et de COV du GS601 alimentent aussi le suivi de la qualité de l'air intérieur. Voir notre page surveillance de la qualité de l'air intérieur, notre article sur la qualité de l'air dans les écoles et la catégorie capteurs qualité de l'air et CO2.
Exemple de déploiement dans un lycée
Un lycée de trois bâtiments compte une douzaine de blocs sanitaires et deux vestiaires de sport. L'établissement veut agir contre le vapotage dans les toilettes, sans caméra et sans mobiliser des surveillants en permanence.
- Couverture radio : une passerelle LoRaWAN intérieure est installée au centre du site ; un test de réception est réalisé depuis chaque bloc sanitaire. Un bâtiment éloigné reçoit une seconde passerelle.
- Pose : un GS601 par bloc sanitaire et par vestiaire, au plafond, alimenté en PoE par séparateur ou par une alimentation USB-C, à distance des sèche-mains.
- Alertes : les alarmes sont envoyées à la vie scolaire pendant les heures de cours, avec le nom du bloc concerné ; le buzzer local est activé pour la dissuasion.
- Réglage : pendant les deux premières semaines, le seuil et la temporisation sont ajustés à partir des événements observés.
- Bilan : chaque mois, la répartition des alertes par lieu et par créneau horaire est partagée avec l'équipe éducative pour orienter la prévention.
Le même réseau LoRaWAN peut ensuite accueillir des capteurs de CO2 dans les salles de classe ou des détecteurs de fuite d'eau, sans nouvelle infrastructure.
Informer les occupants
La transparence conditionne l'acceptation. Indiquez par une signalisation que le lieu est équipé d'un détecteur de vapotage, expliquez ce qu'il mesure (la composition de l'air, sans image) et à quoi servent les alertes. Associez le dispositif à une démarche de prévention, en particulier dans les établissements scolaires, plutôt qu'à une logique purement disciplinaire.
Les critères de choix
- Ce qu'il faut détecter : vapotage et tabac, odeurs, fumée d'un départ de feu en local technique, gaz.
- L'alimentation : secteur, PoE ou pile selon le lieu.
- Le réseau : LoRaWAN si une passerelle couvre le bâtiment, contact sec si un boîtier de supervision est déjà en place.
- L'alerte locale : buzzer et voyant utiles pour dissuader, ou alerte silencieuse vers le personnel.
- L'intégration : GTB, supervision technique ou simple plateforme d'alertes.
Pour situer ces détecteurs parmi les autres capteurs d'un bâtiment, voir notre guide quels capteurs pour un smart building.
Questions fréquentes
Un détecteur de vapotage peut-il remplacer un détecteur de fumée ?
Non. Dans un établissement recevant du public, la détection incendie relève du règlement de sécurité et d'un système dédié avec des détecteurs certifiés selon la série NF EN 54. Dans un logement, le détecteur de fumée doit répondre à la norme NF EN 14604. Le détecteur de vapotage est un outil d'exploitation complémentaire.
Où le vapotage est-il interdit ?
Dans les établissements scolaires et ceux qui accueillent, forment ou hébergent des mineurs, dans les moyens de transport collectif fermés et dans les lieux de travail fermés et couverts à usage collectif, à l'exception des locaux qui accueillent du public. Ailleurs, le règlement intérieur peut l'interdire.
Comment le GS601 distingue-t-il le vapotage de la vapeur d'eau ?
Il mesure les aérosols par diffusion laser et calcule un indice de vapotage. Le constructeur annonce une résistance aux perturbations de la vapeur d'eau et d'autres gaz. Il reste conseillé de l'installer à l'écart des douches et des sèche-mains, et d'ajuster le seuil après quelques jours.
Le détecteur filme-t-il ou enregistre-t-il les personnes ?
Non. Le GS601 analyse la composition de l'air : particules, COV, température et humidité. Il ne capte pas d'image.
Faut-il une passerelle LoRaWAN ?
Oui, le GS601 transmet ses données en LoRaWAN. Une passerelle intérieure couvre généralement plusieurs niveaux d'un bâtiment, sous réserve d'un test de couverture.
Votre projet
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